28 avr. 2013

Un pèlerinage à faire pleurer

 

Le temps d'un petit week-end ensoleillé (ça n'arrive pas souvent en Tasmanie, croyez-nous), on s'est dit qu'au lieu de se reposer de notre désherbage quotidien, il valait mieux entamer une rando de 2 jours. Maso nous? A peine!

On s'est donc dirigé vers l'entrée du parc des "Walls of Jerusalem", en Australie on précise, qui n'est accessible qu'à pied, après 15 km de piste et 30 minutes de marche dans les bois. Bref, rien de mieux pour se sentir isolé et surtout loin des champs et mauvaises herbes! 

En parlant de mauvaises herbes, la rando commence avec une station de nettoyage des chaussures pour protéger le parc des plantes envahissantes. Original.

Pour s'échauffer les mollets et ne pas perdre les bonnes habitudes, on commence avec une montée bien raide qui nous mène jusqu'à une vieille hutte de trappeur. Ici on apprend comment les kangourous, wallabys, opossums et autres bêtes à fourrure étaient piégés pour leur doux duvet, jusqu'à il n'y a pas si longtemps que ça à vrai dire.





Le côté historique dans une rando c'est bien, certes...mais la pause déjeuner, ça l'est encore plus. On a donc profité d'un beau petit cadre, entre étangs et forêts d'eucalyptus, pour grailler un bout à la bonne franquette en compagnie de drôles d'insectes !





Quelques (centaines de) mètres plus loin et plus haut, après avoir encore bien transpiré,  on arrive sur un grand plateau avec vue sur les fameux murs de Jérusalem. Au milieu se trouve un beau lac, encadré de part et d'autre par des falaises et pics de dolérite (une roche du coin très très vieille pour résumer).  



Ici la végétation alpine foisonne et on est vite encerclé par une fameuse mousse ('connaît pas son nom...) qui met environ 30 ans à récupérer d'une seule trace de pas (!). Conservationnistes jusqu'au bout, on évite donc soigneusement de blesser la bête, en restant sur les chemins de planches qui longent le plateau. Bon en vérité il faut l'avouer,  Julie a déjà écrasé sans le savoir quantité de ces mousses lors de notre précédente expédition à Cradle Mountain....Bravo la végétalienne !





Ce qui est sûr au-moins, c'est qu'on allait pas piétiner les pins "crayons". Vieux de plus de 1000 ans, ces petites parcelles de forêts ont su résister aux précédents incendies qui ont ravagé la plupart des conifères du coin.
 







Bien sûr, au milieu de ces forêts sur qui on tombe? Eh beh oui un wallaby, encore et toujours. Mais cette fois-ci, c'était un petit aux poils longs, doux et soyeux comme une peluche (pas comme Benoît et sa touffe), adapté aux fraîches températures de ces montagnes: on comprend donc mieux pourquoi les trappeurs venaient s'aventurer dans ces bois isolés.




Et enfin le final, avec la montée au sommet du Mont Jerusalem à 1450m d'altitude. La journée était longue et ardue, mais on a été récompensé de nos efforts avec une vue à 360° sur la nature sauvage de Tasmanie, classée au patrimoine mondial. Pas de villes ou le moindre bout de béton à l'horizon, que du vert!!

Juste avant la tombée de la nuit et avec 14 km dans les pattes, on a eu le temps d'installer notre camp de base. Jusque là on est ravi, il n'y a qu'à voir la tête satisfaite de Benoît. Mais le pire est à venir...
Au crépuscule, on décide d'aller se balader à la lampe torche pour essayer d'apercevoir des animaux nocturnes. On passe donc sous des arbres certainement recouverts de toiles d'araignées et on déambule aussi en plein dans entre les flaques d'eau des étangs environnants. Après avoir vu deux ou trois wallabys, on rentre à la tente. Mais là horreur et consternation!! Julie a comme un bout de peau qui la dérange sur l'intérieur de la joue. Elle essaye de l'enlever, mais bizarrement le "bout de peau" semble se rétracter et se rattacher derrière ses dents. Et quand elle réussit à l'enlever, on tombe sur une magnifique petite sangsue! Autant dire que la nuit commençait mal...Julie terrorisée a passé bien 30 minutes à inspecter chaque recoin de la tente, pendant que Benoît attendait de pouvoir dormir.
                          
Enfin on s'endort, éreintés de la journée qui vient de passer. Le problème, c'est qu'ici les conditions climatiques peuvent changer très rapidement, on était prévenu remarque. On passe donc d'une belle journée au soleil brûlant, à une nuit où on se les pèle graaave!! Et en plus de cela, on commence à glisser parce que la tente n'est pas vraiment à plat...Le bonheur à l'état brut (c'est bien ça qu'on dit non?!)!!
Mais pour être tout à fait certain qu'on ne puisse pas fermer les yeux plus d'une heure d'affilé, une bête affamée, violente et assoiffée de sang (on en rajoute un peu) est venue nous réveiller en panique (surtout Julie qui a sauté sur Benoît qui dormait enfin...). On ne sait pas trop s'il s'agissait d'un opossum ou d'un diable de Tasmanie, on n'a vu que le bout de son museau. Ce qui est sûr c'est qu'il s'acharnait sur notre sac de rando le coquin! Grâce à une petite torgnole de notre ami Benoît, la bête s'en est allée pour de bon. Sauf que 2 heures plus tard, rebelote avec cette fois-ci un wallaby...Vous l'aurez compris, on n'a pas vraiment eu le temps de se reposer pendant ce week-end!

 
Le lendemain, on a rebroussé chemin en passant par le même sentier qu'à l'aller: Julie avait attrapé un rhume et on était complètement ruinés de la veille. Nous on vous le dit, vivement le retour au boulot!
A la prochaine pour notre dernier article sur la Tasmanie,
Les vadrouilleurs
                                               

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