21 avr. 2013

Dans la douleur et la sueur

Il fut un rêve qui s'appelait Australie. Où on gagne bien sa vie, où le travail coule à flot et où il fait toujours beau. Oui mais voilà, les rêves c'est la nuit. La journée on n'a pas le temps de penser, il faut bosser! En tout, nous avons passé 3 mois en Tasmanie dont la moitié à travailler. Le reste du temps a été consacré aux visites de l'île et surtout à l'attente de ce satané coup de fil de l'agence d'intérim, grâce auquel on compterait fièrement parmi les travailleurs étrangers exploités par les agriculteurs australiens.

 



C'est de l'humour bien sûr, car cette fois on s'en est un peu mieux sorti en étant payé à l'heure (et non pas au rendement qui est une vraie arnaque) et en tombant sur des boss très sympas. Vous en connaissez beaucoup des patrons qui vous disent de ralentir parce que y'a pas le feu ?!


L'agence d'intérim, qui nous avait été recommandée par d'autres voyageurs quelques mois auparavant, portait le nom très prometteur (quoi qu'un peu menteur) de "Work Direct". Tous nos boulots en Tasmanie se sont fait par cette agence (qui emploie 95% d'asiatiques tellement ils sont partout) et toujours en équipe avec un autre couple: Violette et Eric de Belgique.


On vous a déjà vaguement parlé du désherbage, activité plutôt fastidieuse et poussiéreuse mais qui a le mérite de nous avoir donné du travail pendant plusieurs jours.








Nous avons commencé par ramasser à la main les plants de patates qui n'avaient rien à faire au milieu des champs de haricots, puis grâce à notre travail irréprochable (sans aucune prétention bien sûr!) nous avons été promus !

Arracher les mauvaises herbes dans les champs de carottes, mais avec une bêche cette fois-ci. Donc plus de pliage de dos, mais toujours de la poussière hein, faut pas trop en demander. Regardez d'ailleurs comme Julie était heureuse.






Ce qu'on a bien apprécié c'est que notre patron Stuart était du genre très détendu, et comme notre travail lui convenait, il nous laissait faire les horaires qu'on voulait et prendre des jours de congés quand ça nous arrangeait le plus.
On a même eu droit à une glace et une limonade pour notre départ, la classe ! Le défaut de Stuart c'est qu'il répondait par un éclat de rire quand on lui demandait une augmentation, en ajoutant: "C'est bien, vous devenez Australien".

Au moins on aura essayé...


Outre le désherbage dans les champs de haricots et de carottes, on a également travaillé avec les betteraves. Le travail était légèrement différent cela dit: la société qui nous employait souhaitait uniquement récupérer les graines et se fichait complètement des betteraves mêmes.
Oui mais voilà, il existe des betteraves mâles et femelles, et seules les graines femelles devaient être récoltées. Notre travail était donc de séparer les plantes mâles (qui venaient d'être fauchées et s'entremêlaient avec les plantes alentour) des femelles, pour que la récolte puisse se faire sans mixer les genres. Vous suivez ? Un exemple en image (constatez que la motivation est là):




Vous le voyez bien, le travail consistait à donner des coups de bêches pour avoir quelques ampoules le soir venu et des courbatures le lendemain. Les bons souvenirs qu'on en garde viennent surtout de l'après travail: la société qui avait fait appel à notre agence d'intérim (et donc à nous!) gérait des champs dispatchés dans le Nord Est de l'île et on a donc pas mal voyagé.




On était généralement accueilli sur la propriété même, et on pouvait utiliser les locaux réservés aux tondeurs de moutons qui étaient absents (car pas encore la saison de tonte). Bon OK, la laine -et les moutons en général- ça pue. Mais nous aussi après une journée de boulot, et on était trop content de troquer notre douche solaire contre une salle de bain !



Et en prime on a eu l'occasion de voir comment fonctionnait un atelier de tonte à l'australienne, fameux !




 

















Le temps d'un weekend, on est retourné a Launceston (3ème plus vieille ville d'Australie) dont on vous a déjà parlé brièvement dans un article précédent. Mais cette fois-ci, c'était pour le festival annuel de la nourriture et du vin (surtout du vin). Toujours accompagnés de nos amis mangeurs de frites et de chocolat (ils vont A-DO-RER ce surnom), on a passé la journée à boire se détendre en oubliant que le lendemain on retournerait aux betteraves.




Après cette mission betteraves, on a repris un peu de désherbage avec Stuart (cf un peu plus haut) et il nous fallait attendre que la récolte des patates ou des brocolis commence. On en a profité pour aller visiter le sud de l'île (on en parlera dans les prochains articles) et revenir juste à temps pour reprendre le travail.  




Coup de chance pour nous, ce sera les patates (les brocolis sont ramassés un par un à même le sol, le dos plié en deux toute la journée...). Toujours avec Violette et Eric bien sûr, parce qu'ici aussi on ne change pas une équipe qui gagne !











On s'est retrouvé embarqué dans une grosse machine tirée par un tracteur, à devoir séparer les belles pommes de terre des pourries et des cailloux. Le tout à un rythme infernal, travaillant plus de 10h/jour (15h notre record) avec une courte pause déjeuner (30 minutes max). Les remorques faisaient 25 à 30 tonnes chacune et on en remplissait jusqu'à 4 par jour. De quoi détester les frites !





 



De plus, la machine bougeant sans cesse de gauche à droite, Julie avait même le mal de mer (en pleine campagne, pas mal non?). Alors disons-le sans honte, la pause "thé" du matin et celle de l'après-midi étaient plus que bienvenues.


On avait tout juste assez de temps libre pour dormir, donc autant vous dire qu'il était loin le rêve qui s'appelait Australie !


Heureusement, le chef de notre boîte d'intérim avait une maison destinée à héberger le personnel "brocoli" et comme les brocolis n'étaient pas encore prêts, on a eu le droit de squatter...dans le garage ! C'était pas si terrible, il y faisait froid mais était bien aménagé: cuisine toute équipée, salle de bain (avec de l'eau chaude!!)...le grand luxe quand on vit dans une voiture depuis 8 mois !
On s'estime donc très chanceux, d'autant qu'on s'est très bien entendu avec le conducteur du tracteur "Ben" (bien qu'il dormait dans la maison, lui) car il était vraiment sympa.





On peut même vous dire qu'après notre départ, nous avons été remplacé (par 2 français et 2 belges, comme quoi) et il nous a regretté ! C'est ça d'être attachant....

Enfin bon, tout ça c'est du passé maintenant, on ne devrait plus travailler jusqu'à notre retour en France et on repart sur la route pour voir ce qu'il reste du pays.
Et ça semble infini !

Profitez bien de vos frites !

Djoulee & Bênoa



1 commentaire:

  1. Ça tombe bien ces petits boulots, vous allez être des experts en culture (surtout cueillette) et vous allez pouvoir nous aider prochainement à ramasser pleins de jolies fleurs!!!
    Bon, je vois que les paysages sont toujours aussi moches et en plus il y a pleins de sangsues.
    biz,
    Anaïs

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