9 déc. 2012

Y'a d'la joie...ou pas !!

Alléluia, nous avons enfin trouvé la terre promise  ! Fini le mur des lamentations, place à Mildura, ville de l’État du Victoria. Après des kilomètres et des kilomètres parcourus, nous nous retrouvons dans cette ville, l'un des plus gros centres agricoles d'Australie siouplaît, à la quête d'un job saisonnier. Un passage à l'agence locale de recrutement pour le travail dans les récoltes s'imposait donc.
«-  Bijour Madame, est-ce que vous auriez du travail pour nous  ? 
  - Non il n'y a absolument rien pour le moment.  »

AÏE AÏE AÏE, ça commence mal....Nous repartons alors bredouilles, en quasi dépression, effrayés de ne pas trouver de boulot avant que notre compte en banque soit vide.
Mais là miracle  !! Quelques heures plus tard à peine, l'agence nous rappelle  : «  Un agriculteur vient de nous appeler et il aurait besoin de vous  » YIHAAAA ni une, ni deux, on se précipite chez notre futur boss. Enfin quand on dit qu'on s'est précipité chez lui, ça a plutôt mis une semaine avant de le voir  : il faut savoir que les agriculteurs sont très, mais alors très très occupés à «  courir  » à droite à gauche, il a donc fallu l'harceler régulièrement pour qu'il ne nous oublie pas...

 





En attendant, on s'est fait une petite virée pour visiter les environs. On a rencontré d'adorables opossums qu'une vieille dame vient nourrir tous les soirs en bord de rivière, la vilaine  ! Ils sortent de leurs palmiers, descendent le tronc tant bien que mal et viennent grignoter leurs carottes, l'occasion rêvée pour les approcher de près.










On est aussi allé «  dévaler  » des dunes de sables, rider de la puff orange aux «  Perry Sand Hills  »  !! Benoît sentant les chutes de neige arriver dans l'hémisphère nord, il s'est réconforté comme il pouvait avec des sensations presque fortes grâce à nos bodyboards. Chouette escapade donc, mais retour à la réalité oblige, il nous a fallu commencer le travail.

 










Bref le jour J,  on s'est retrouvé dans une exploitation avec notre patron, John, d'origine tongienne (des Tonga quoi...). Et là il nous a envoyé directement à la cueillette d'oranges. C'est pas le boulot le plus facile à vrai dire, et surtout on a été découragé dès le premier jour par le salaire misérable qu'on percevait. Mais avec les jours qui passent, on s'est forgé une petite expérience et le salaire devenait un peu plus encourageant (on a dit un peu...).











Voilà un petit aperçu de ce qu'on a vécu  :
Pour bien commencer nos journées, réveil à 5h, frais comme des gardons. Bon déjà là ça la fout mal....
Ensuite direction les orangeraies, avec enfilage de nos plus beaux habits, et préparation psychologique pour affronter chaleur, sueur, poussière, pesticides, blattes, et surtout....ARAIGNEES géantes, dégueulasses, poilues, excitées, d'un autre monde  !! Non nous n'exagérons pas (un peu d'accord, mais pas autant que des Marseilllais en tout cas, ça c'est sûr!).



De là commence la journée sans fin  : on monte à l'échelle, on ramasse toute les oranges possibles dans notre «  picking  bag  », puis on descend de l'échelle et vide le tout dans une caisse énoooorme d'environ 500kg (si pas plus...) une fois remplie. Et on recommence ainsi de suite. Sachant qu'une grosse caisse rapporte environ 22 dollars une fois les taxes retirées, on avait intérêt à en remplir un paquet  ! Généralement, on rentrait vers 15h avec 7 caisses à notre actif, pas très brillant je vous l'accorde...


 



Difficile donc de partir gaiement au boulot, quand on sait ce qui nous attend....Le pire aura été notre dernière semaine de boulot, début décembre. Ici c'est le début de l'été et il fait chaud, trèèès chaud. On a bossé à 44°C environ, enfin ça c'est les températures annoncées par la météo, mais en plein soleil, bizarrement ça tape bien plus fort  ! On devait se lever à 4h du matin à cause de cette même chaleur, et on a eu le privilège de voir de très près nos amies les arachnides  : un coup elles tombent dans le sac de Julie, un coup elles grimpent sur le T-shirt de Benoît, bref le bonheur à l'état brut...et enfin de vraies sensations fortes  !!




















Ce qu'on a oublié de dire aussi, c'est qu'après seulement deux semaines de boulot dans les oranges, Julie a eu la bonne idée de tomber de l'échelle  ! Résultat  : un poignet gauche fracturé...Nous ne rentrerons pas dans les détails de l'accident et des trois semaines de plâtre qui ont suivies, ces souvenirs restent encore trop douloureux bien évidemment...









Mais le «  bon  » côté des choses, c'est qu'on a pu découvrir grâce à cela les joies du «  trimming  ». Le boss s'est dit qu'avec une seule main, la droite qui plus est, on pouvait encore travailler. Il nous a donc envoyé tailler des vignes  : tout ce qui dépasse un peu trop, on coupe. Au début c'était bien, on était payé à l'heure et les vignes étaient plutôt propres, avec pas grand chose à faire. On s'est donc dit qu'il faudrait peut-être tomber plus souvent des échelles (surtout quand c'est Julie qui tombe)... Mais après une semaine à la cool, on a migré vers d'autres parcelles, là où les vignes ressemblaient à la jungle amazonienne et où on était payé au rendement, à 6 centimes le pied de vigne  : autant dire que les quelques beaux jours où l'argent coulait à flot étaient déjà loin derrière nous.





Mais bien sûr Mildura ce n'était pas que le boulot  ! Ça a été pour nous l'occasion de tester la vie au bord de rivière. Oui parce que ce qu'on n'avait pas dit, c'est que ce grand lieu de production agricole se situe aux abords du plus long fleuve d'Australie, le Murray River. On a donc eu la chance de se trouver une aire de camping gratuite, pas trop loin des fermes, et de profiter d'un paquet de bestioles locales  : entre le kookaburra (genre de martin chasseur) qui nous empêchait de dormir à cause de son rire et les fourmis qui nous mordaient à chaque fois qu'on se posait sur une chaise, le repos après le boulot c'était le top  ! Mais blague à part, on aura vraiment apprécié les petits gazouillis de perruches, la curiosité des kangourous (encore eux!) et aussi la présence de varans. Quand on les cherche ceux-là, on les trouve pas, par contre quand on va aux toilettes dans les bois, tu peux être sûr de tomber dessus  !





A côté de cela, la ville bouge plutôt pas mal, avec tous les commerces nécessaires à proximité et avec quelques manifestations de ci de là. Pour l'anniversaire du barbu, on a par exemple assisté à un festival de country (attention les cliches), tout en savourant un bon cappuccino et mille-feuilles. Rien d'exceptionnel à vos yeux, j'en conviens....Mais pour Benoît, ça fait juste depuis le départ de France qu'il n'en a plus mangé, un record  ! Pareil pour la pizza que Monsieur s'est englouti pendant un concert du «  festival de Jazz, du Vin et de la Bouffe  »  (What else  ?!).

        



Deux bons mois de travail ici auront donc été suffisants pour nous lessiver... Il est temps à présent de reprendre la route et dépenser tout l'argent qu'on aura gagné ici à la sueur de nos fronts et du reste  !

A la revoyure  les copains!




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire